Osons la persévérance  !

Dans un conflit entre une veuve et un juge inique au temps de Jésus, qui est le plus fort ? La veuve est l’être le plus fragile, le plus démuni qui soit ; le juge est puissant et respecté.

En saint Luc, Jésus nous donne une parabole particulièrement stimulante et précieuse pour aujourd’hui : d’un côté une veuve qui demande justice ; de l’autre un juge qualifié d’inique car il ne veut pas lui rendre justice.

L’insistance répétée de la veuve est soulignée, sans que soit mentionné le fond de l’affaire.

Entre la faiblesse de la veuve et la force du juge, l’issue de l’affrontement était prévisible. La cause du faible face au fort semblait perdue d’avance. Or, la veuve obtint gain de cause    : excédé par sa persévérance, le juge finit en effet par lui céder pour en être débarrassé ; et donc, enfin, il lui rendit justice.

Le double enseignement de la parabole éclaire nos consciences en ces temps de confrontation sur de graves sujets de société. Le juge inique le reconnaît lui-même : « je ne crains pas Dieu et ne respecte personne » (Lc 18, 4).

Dans une telle conception de la vie, rien ne protège le faible du mépris, et dès lors, plus largement, toutes les dérives, toutes les transgressions sont envisageables.

Face à cela, il est bon de dire « à temps et à contre-temps » (2 Tm 4, 2) que crainte de Dieu et respect des hommes, respect de Dieu et amour du prochain à tout âge de sa vie, vont de pair. C’est tout un, selon la belle expression de Jeanne d’Arc au cours de son procès. Et c’est l’unique chemin du salut pour chacun de nous, pour l’humanité.

La veuve a été entendue car, convaincue de son bon droit, elle a eu la force de persévérer. Suivons l’exemple de cette femme : que nos demandes soient portées par une foi aussi forte que sa conviction !

Le Christ lui-même nous invite instamment à prier sans relâche, à « toujours prier sans se décourager » (Lc 18, 1). Et nous ne savons pas quand, ni de quelle manière, ni sous quelle forme interviendra l’action de Dieu en réponse à notre demande persévérante. Dieu seul sait. Sans autre force que sa ténacité, la veuve a obtenu que son adversaire l’entende.

Ce qui semblait « plié d’avance » ne s’est pas produit. Prions Marie qui demeura fidèle jusqu’au bout, de nous aider à repousser tous les « à quoi bon » qui nous guettent, comme en embuscade. Puissent nos cris vers Dieu devenir chants de louange.

Osons la persévérance.

                                                                                                                           Xavier Riffaud, diacre