3 décembre – 1er dimanche de l’Avent

Veillez

 Veiller ; quel sens ce verbe peut-il prendre au juste quand nous le lisons dans l’Évangile de Marc 13, 33-37 ? Ne pas dormir ? Passer ses nuits à prier ? Garder les yeux braqués vers le Ciel ?

Tous les médecins s’accordent à dire qu’une journée réclame un minimum de sept heures de sommeil. Les moines ont consciencieusement observé ce phénomène et le rythme de leurs offices en tient compte (le frère Jacques, dans la chanson, déborde juste un peu au temps des matines !). Aujourd’hui, des spécialistes du travail recommandent aux entreprises de laisser les salariés faire une courte sieste près de leur poste. Le rendement et la santé s’en trouvent mieux.

Veiller, on le sent, n’est donc pas une question de performance qui consisterait à reporter au plus loin le moment où l’on va se coucher. L’exemple des apôtres à Gethsémani (Marc 14, 33- 42) nous indique au contraire qu’il y a des moments où il faut être là et d’autres où il faut bien dormir. Jésus recommandera le sommeil à ses amis à la fin de ce passage.

La veille est donc en réalité, une forme de vigilance, une lucidité qui nous est proposée pour ne pas nous laisser entrainer dans les tentations de toutes sortes. Celles qui inexorablement nous écartent de Dieu et de son royaume et qui profitent non pas du temps du sommeil mais plutôt de ces périodes où on se laisse gagner aux perspectives glissantes sans trop se l’avouer. C’est précisément là qu’il faut réagir et :

  • Veiller au bon emploi de son argent.
  • Veiller à choisir de saines lectures.
  • Veiller à la teneur de ses propos.
  • Veiller au bon rapport avec son prochain…

Saint Paul est clair dans sa première lettre aux Corinthiens en parlant du Christ : « Ainsi, c’est Lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ ».

On peut donc dormir et rester réveillé en prenant appui sur le Seigneur comme le prophétisait déjà Isaïe…

Patrick Decléty, diacre.