A Paris, le 15 août 2016

Chers paroissiens, chers amis,

De retour d’une belle visite de l’église du Rwanda, dans la lumière de la fête du 15 août qui nous place sous le regard bienveillant de Marie, c’est une joie de vous donner quelques nouvelles. Dès la rentrée, nous aurons l’occasion d’en reparler ensemble, dans les différentes activités et services qui nous rassemblent pour l’annonce de l’Évangile.

« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce quils font » (Lc 23,34)

Les menaces qui pèsent sur le monde et sur notre pays en particulier, éveillent nos consciences. Elles exigent de fortes ressources spirituelles. Nous ne pouvons demeurer dans l’insouciance d’un monde sécurisé où la mort ne frapperait qu’ailleurs. Les conflits dissymétriques dans lesquels nous sommes engagés peuvent désorienter nos réflexes et nos habitudes ; ils nous poussent surtout à entrer dans un nouvel état d’esprit. Certes, la peur est normale, les sentiments de révolte et de douleur aussi : Ils sont un rappel de notre dignité. Mais aucun d’entre nous ne se laissera envenimer par un quelconque sentiment de haine ou de fermeture. Nous percevons bien que la haine criminelle de quelques-uns n’est pas étrangère aux orientations politiques et économiques de pays solides militairement qui essaient d’ordonner un Proche-Orient complexe. Nous savons que la finalité de cette haine est d’en provoquer une en retour. Aussi, notre chemin intérieur sera de l’endiguer à tout prix.

Le Christ nous a fait la grâce d’un amour sans condition ; nous prierons sans naïveté cette parole de Jésus : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ceux qu’ils font ». Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ répandu dans nos cœurs. Nous porterons dans nos prières et nos attentions concrètes les victimes de ces violences et les plus fragiles d’entre nous.

« Tu es prêtre à jamais selon le sacerdoce de Melchisédech »  (Ps 110,4)

Deux nouveaux prêtres arrivent à la paroisse cette année, l’abbé Bruno de Mas Latrie, ordonné en juin dernier, et l’abbé Innocent Muvunyi, du diocèse de Kabgayi au Rwanda. Cette grâce nous est faite à tous, pour fortifier notre communauté fraternelle, notre élan missionnaire et notre disponibilité pour la prière. Le sacerdoce ministériel s’inscrit dans le dynamisme du sacerdoce baptismal que nous partageons. Au service du corps tout entier de l’Eglise, chacun accomplit la mission qui lui est confiée. Chaque baptisé qui chemine dans la foi devient ainsi un signe vivant du Christ ressuscité.

Dès l’enfance, et tout au long de notre vie, nous devenons par la grâce de Dieu la présence du Christ qui enseigne et guérit, pardonne et console. En communion avec les consacrés, les diacres et les prêtres, les fidèles du Christ sont envoyés pour annoncer la divine miséricorde. Que notre vie sacramentelle et spirituelle s’enracine dans cette belle et profonde unité de la tradition apostolique qui nous relie, par notre évêque, non seulement aux âges d’hier, mais aussi à l’Eglise présente partout dans le monde.

« Laissez venir à moi les petits enfants » (Mc 10,14)

Il n’échappera à personne que les enfants occupent une large place dans nos assemblées. Avec les écoles et les patronages, le scoutisme et la catéchèse, il ne manque pas d’occasions d’entendre et de porter cette heureuse compagnie que les familles du quartier aiment à laisser courir ici et là. Leur présence est un don de Dieu, un beau signe de sa fidélité. C’est au milieu d’eux que des vocations naîtront, parmi eux aussi que des saints apparaîtront, qui trouveront les mots et les gestes pour établir une paix que nous n’avons pas toujours réussie à protéger.

A nous qui sommes plus âgés, il nous revient de consacrer de l’énergie pour susciter en eux les dons de l’Esprit. Que notre vocation personnelle nous aide à leur transmettre ce que le Seigneur nous a confié. Qu’ils puissent à leur tour le recevoir et le faire fructifier.

« J’avais faim et vous m’avez donné à manger » (Mt 25,35)

La discrète présence de Saint Vincent de Paul au-dessus du bureau d’accueil nous rappelle combien la vie chrétienne se déploie dans le service et l’accueil des plus pauvres. La force spirituelle d’une communauté se traduit en effet par sa charité inventive. Sur les pas de ceux qui ont trouvé les moyens d’ouvrir les cœurs et de servir les plus démunis, nous poursuivrons les activités qui permettent de partager nos charismes et nos biens.

Le rythme de la semaine restera ponctué par les maraudes du mercredi, le service des repas le jeudi soir, l’accueil des personnes sans domicile, en particulier pendant l’hiver. Nous n’oublierons pas l’église du Rwanda que nous soutiendrons et que nous visiterons en pèlerinage, ainsi que les réfugiés qui traversent notre continent pour échapper à la famine ou à la guerre.

« De toutes les nations, faites des disciples » (Mt 28,19)

L’annonce de la Parole de Dieu est au cœur de la vie de Jésus. Verbe fait chair, Jésus transmet avec des mots humains les mystères du Royaume. Il nous donne de connaitre ce qui l’unit à son Père, la vie de l’Esprit que nos propres mots, échangés humblement dans la communauté, rendent accessibles à tous.

Pour affermir en nous l’homme intérieur, nous cheminerons ensemble par la lecture de l’évangile selon saint Matthieu (l’évangile de l’année A). Cette lectio divina que nous partagerons le mardi soir nous permettra, après un temps d’adoration et la prière des Vêpres, de vivre ensemble un parcours de conversion évangélique. Il nous donnera de mieux sentir comment le Christ établit son Église sur la foi des apôtres. Nous découvrirons plus concrètement comment la connaissance du Christ est indissociable d’une expérience ecclésiale de miséricorde.

Cette étude hebdomadaire de la parole de Dieu, partagée avec les prêtres, les diacres et tous ceux qui se joindront à ces soirées de la Parole (Dei Verbum), fortifiera nos liens fraternels et notre engagement missionnaire. Nous poursuivrons ainsi, avec les veilleurs de proximité et la semaine de mission fin mars, l’annonce de la bonne nouvelle dans notre quartier.

« Une maison bâtie sur le roc » (Mt 7,24)

Le centenaire de la paroisse, célébré en 2010, nous rappelait que l’église Saint-Jean-Baptiste de La Salle n’est pas propriété de l’État. Les bâtiments qui l’entourent et qui participent à son dynamisme ne le sont pas non plus. Nous n’avons d’autres ressources que celles que nous parvenons à mettre en commun. Les membres du conseil pour les affaires économiques (CPAE) participent activement à la bonne gestion de nos comptes et de nos choix immobiliers.

Une extension est envisagée dans l’espace de la rue du Cotentin, pour permettre à une École de digital qui en loue les bâtiments de développer son activité. La grille du 70 rue Falguière, vétuste et non-conforme aux nouvelles règles de sécurité, devra être refaite cette année. Une subvention de l’État devrait nous y aider.

Mais il faut surtout se préparer à la rénovation de l’Espace Saint-Martin. Les normes de sécurité et d’accessibilité doivent être entièrement revues pour que ce bâtiment puisse continuer d’accueillir une école, un patronage et diverses activités sociales. Les contraintes techniques sont multiples et les exigences de financement élevées. Avec le diocèse et toute la communauté paroissiale, nous avancerons sur ce projet décisif pour l’avenir de notre église. Sollicité par le diocèse de Kabgayi, diocèse des pères Eugène, Joseph et Innocent, nous essaierons de soutenir aussi la construction d’une église au Rwanda.

En espérant que chacun de vous ait profité d’un temps de ressourcement cet été, je souhaite la bienvenue à ceux qui rejoignent notre paroisse en ces jours. La sortie paroissiale que nous vivrons ensemble le 8 octobre prochain à Senlis nous donnera l’occasion de consacrer notre année au cœur de Jésus. Que le Dieu de qui vient tout réconfort nous garde dans sa paix et nous donne la joie de communier à sa divine charité. Que la Vierge Marie nous garde dans la joie de son magnificat.

Soyez assurés de mon fidèle dévouement et de ma prière.

Alexis Leproux, curé