AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT

En cette fête de la Sainte Trinité, la paroisse se réjouit d’entourer Alix et Victorine qui vont être baptisées au terme d’une trop longue attente. La conjonction de cette fête et de leur baptême est cependant heureuse car elle met en valeur la vérité de la formule baptismale : « je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », ce que l’on pourrait traduire par : je te plonge dans la vie de la Trinité.

Oui, le baptême plonge tout notre être – corps, âme et esprit – dans la vie divine, une vie de communion et d’unité : TRI-NITÉ. Communion du Père et du Fils, unité toute-puissante de leur amour commun, le Saint-Esprit ! Et nous y entrons par le porche royal de la Croix de Jésus-Christ : dans l’Esprit-Saint, nous sommes plongés dans sa mort et sa résurrection ; par lui, nous naissons à la vie de Fils de Dieu et connaissons Dieu comme notre propre Père. Le signe de la Croix que nous traçons sur notre corps, garde la mémoire indélébile de cette inscription de la Croix au cœur de notre être pour le conformer à la vie trinitaire : au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Avons-nous pris la mesure du don qui nous est fait ? Comme le dit l’Écriture : vous êtes des dieux ! (Ps 81, 6). Et nous le sommes en vérité si nous allons jusqu’au bout de notre foi. La confession de notre foi en effet ne concerne pas seulement un Dieu dont nous envisagerions les attributs de manière extérieure, mais elle confesse aussi le don par lequel Dieu nous fait entrer dans sa propre vie. C’est ce qu’exprime la formule « Je crois en… », inconnue du grec ancien et forgée par Jésus lui-même. Croire en Dieu le Père, en Jésus-Christ et en l’Esprit-Saint, c’est entrer par la foi dans la communion des personnes divines que nous confessons. On ne peut donc croire sans, en même temps, venir au baptême où devient réelle notre foi. C’est pourquoi, depuis les origines de l’Église, le Credo précède le baptême et le baptême vient accomplir le Credo.

Or ce dernier comporte une ultime confession : « je crois en l’Église ». Car en descendant dans le bain du baptême, je découvre que je ne suis plus seul. J’entre dans une communion élargie à tous ceux qui partagent la même vie divine : l’Église, mystère d’unité et de communion, au cœur de la Trinité. Seul un regard de foi peut discerner dans l’Église si humaine et souvent si pauvre, le resplendissement de la vie divine ! Seule une vie chrétienne fidèle à la grâce de son baptême, peut donner à l’Église de resplendir au cœur du monde !

P. Antoine Vidalin