La Quarantaine du chrétien

Voilà maintenant plusieurs jours que le Carême a commencé et que nous essayons de combattre le virus du péché, en le confinant, en l’éloignant de nos vies. Et la quarantaine n’est pas finie. Il reste 4 semaines jusqu’à la résurrection glorieuse du Christ, à laquelle nous sommes tous conviés. Mais voilà, nous nous rendons compte, et ce depuis Adam et Ève, que nous sommes contaminés par le virus. Nous toussotons dans notre vie spirituelle. Peut-être sommes-nous grippés à ce niveau-là. Et il se peut que, comme certains, nous nous disions que cette « épidémie [du péché] est inéluctable » et nous nous en accommodions. Mais l’« à-quoi-bonite » n’est pas pour le chrétien, contrairement à l’aqua bénite…

Alors que faire ?

La solution se trouve dans la collecte de ce dimanche : « Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse : « nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour. »

Tout simplement, parce qu’il faut prendre conscience de son péché et sortir du déni de la maladie. Non pas pour culpabiliser ou pour désespérer de soi – ce qui ajouterait un mal au mal – mais pour se laisser relever par Dieu. Cependant, il ne peut le faire que pour un cœur contrit, recherchant son amour. Il ne peut rien pour un cœur plein de lui-même, auto-suffisant, comme un malade dont l’état empire de jour en jour et qui dirait : « je n’ai pas besoin du médecin, je vais me débrouiller tout seul ». Mais la collecte nous le rappelle, le Seigneur est la source de toute bonté et de toute miséricorde. Il est le seul à pouvoir me sauver, me guérir de ce virus qui gangrène ma vie. Profitons de ce temps pour redécouvrir cette facette de Dieu infiniment bon, infiniment aimable.

Et, ensuite, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur, qui nous dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage. Ces trois moyens sont, face au virus du péché, comme le masque et le gel hydroalcoolique… Au lieu de nous renfermer sur nous-même, ils nous poussent, au contraire à aller vers les autres pour les contaminer de l’Amour de Dieu, vraie antidote au mal de notre humanité.

Il est bon, chers amis, de se donner les moyens de vivre son Carême.

Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire