Le chef d’œuvre

« Voici l’Agneau de Dieu »
Saint Jean-Baptiste, cathédrale de Chartres
XIIIème siècle

« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » (Jn 5, 17)

Celui qui œuvre est un ouvrier. Il a une tâche  à accomplir. L’ouvrier n’a de cesse que son œuvre soit achevée, accomplie, parfaite, devenue chef d’œuvre.

Le Dieu-ouvrier ne se repose jamais : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » L’œuvre de Dieu, « c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29), et qu’en croyant « vous ayez la Vie » (Jn 20, 31).

L’œuvre de Dieu ? Que nous ayons la Vie. Celle qui se trouve dans le Fils, Jésus. Vie déversée sans réserve, livrée sans retour, vie « perdue » pour faire vivre les perdus, les égarés, tous ceux que guette la perdition. Engloutir la perdition dans la rédemption.  Faire vivre, même dans le péché et dans la mort. Quelle œuvre !

Voilà le chef d’œuvre du Père de notre Seigneur Jésus Christ : notre rédemption. Chef d’Œuvre déjà accompli par Jésus mort et Ressuscité, mais toujours en cours de réalisation, parce qu’il y a toujours des vies à sauver. Il y a toujours des âmes aveuglées, endurcies, ignorantes, résistantes, dévoyées, obstinées : l’œuvre est dure, la tâche est rude, elle a l’âpreté d’une agonie. Jusqu’à la fin des temps.

« Ma vie, Seigneur, est ton chef d’œuvre. Ne suis-je pas vivant au prix de ton sang versé, de ton corps brisé, de ton cœur broyé, de ton Esprit livré ? Accorde-moi de te glorifier par ma foi, par toute ma vie transformée en chef d’œuvre de tes mains ».

Père Patrick O’Mahony, curé