Marie privilégiée :

                        Solennité de l’Immaculée conception*

    L’icône de la Mère de Dieu de Vladimir a été donnée au grand- duc de Kiev par le patriarche de Constantinople vers 1131. Elle est aujourd’hui à Moscou. Elle appartient au type « Vierge de tendresse », en russe Éléousas, du grec éléos, qui signifie la compassion, la tendresse, la miséricorde.

Un autre type est la Vierge Hodigitria, en russe “Vierge directrice”, à partir du grec odigeô, « je conduis », « je guide ». Dans cette icône Marie désigne son Fils, nous y conduit, en référence à l’épisode des Noces de Cana (cf. Jn 2), le premier « signe ».

Dans ces icônes, Marie n’est jamais représentée seule à l’image des dogmes mariaux qui éclairent les autres vérités de la foi et constituent un point de départ pour un approfondissement ultérieur dans la connexion des mystères de foi. Ainsi, le corps constitue ce par quoi nous sommes nous-même et non un autre.

En offrant à Jésus en son corps une demeure préservée de tout péché, (cf. le dogme de l’Immaculée conception), Marie l’accueille en son sein et lui donne un corps (cf. Maternité divine de Marie). Sa virginité perpétuelle revêt une dimension eschatologique, qui s’épanouit dans son Assomption. Dans la gloire, toutes les relations sur la terre sont assumées et transformées et, par conséquent, la relation unique et spécifique de Marie à son Fils et du Fils à sa Mère.

Des théologiennes cherchent aujourd’hui à manifester « un visage plus incarné de Marie ». Selon elles, la théologie a fait de Marie « une figure disponible à toutes les projections à distance des femmes réelles ». Elle est devenue « une créature hors sol ». Il y a certainement un risque d’idéalisation de Marie. Cependant, considérer Marie hors du sol ferme de la théologie revient également à opérer une projection sur Marie à partir de “femmes réelles”.

Marie ne sera pas ce que nous voulons qu’elle soit. Tout en étant l’une des nôtres, elle est à part, privilégiée.                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Père Nicolas Delafon

* Solennité fêtée cette année le 9 décembre, le 8 étant un dimanche, toujours prioritaire.